technology

Facebook like box

  • A venir: Juste avant la Nuit de Claude Chabrol
  • A venir: Orange Mécanique de Stanley Kubrick
  • A venir: 	
Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis
  • A venir: 	
	 Non Si Deve Profanare Il Sonno Dei Morti de Jorge Grau
  • A venir: Mysterious Skin de Gregg Araki
Lost River1 Occhi di Cristallo2 Under The Skin3 Dead Mans Shoes4 La Machine5
jquery photo gallery by WOWSlider.com v8.0

Libellés

vendredi 26 août 2016

Bad Taste de Peter Jackson (1987)



Kaihoro, petite ville côtière de nouvelle-Zélande. Alors que des extraterrestres ont choisi de s'y installer afin de coloniser la planète et d'en faire un immense garde-manger dans les humains seront les premières victimes, une escouade de quatre hommes formée par Derek, Ozzy, Barry et Franck est envoyée sur place afin d'éradiquer l'envahisseur et d'étudier la disparition des habitants du coin. Ils découvrent que les extraterrestres ont pris l'apparence d'êtres humains et qu'il sont tous vêtus d'une chemise bleue. Lors de leur missions, ils parviennent à capturer « Franck », un envahisseur, que Derek torture avec un malin plaisir. Mais les cris de l'extraterrestre alertant ses congénères, Derek devient la proie de cinq d'entre eux et poursuivi, il termine sa course en s'écrasant au pied d'une falaise.

Mais Derek n'est pas mort. Au contraire, il est plus que jamais désireux de régler leur compte aux envahisseur. Ses trois acolytes parviennent quant à eux jusqu'au quartier général des extraterrestres où est retenu prisonnier un VRP prénommé giles. L'équipe a peu de temps pour nettoyer la place et surtout pour sauver ce dernier car il doit dès le lendemain, servir de déjeuner au envahisseurs...

Si Peter Jackson ne vous dit rien, alors, désolé, mais nous ne pouvons rien pour vous. Si par contre son nom vous parle, c'est certainement parce qu'il est l'auteur de deux fameuses trilogies adaptées des œuvres de J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit. Mais les plus anciens se souviennent sans doute de lui en raison des quelques longs-métrages gore qui ont fait sa renommée dans les années 80-90. Il n'aura effectivement fallut que trois films pour qu'il soit reconnu à l'époque comme l'un des grands spécialistes du genre. Les Feebles, Braindead (considéré à l'époque comme le film le plus gore de l'histoire du cinéma), et surtout Bad Taste, son tout premier film. Un travail de très longue haleine, qui pris des années à Peter Jackson et son équipe pour voir le jour. Un film bourré d'anecdotes et non des moindres, majoritairement tourné le week-end et ce, durant quatre années. Employant leur temps libre à tourner scène après scène, les fonds nécessaires (estimés à 25000 dollars) ne furent pas rassemblés en une fois et il ne fut pas rare que le tournage soit interrompu pendant de longs mois, comme durant cette période d'un an, et dont l'histoire retiendra l'une des plus étonnantes anecdotes de l'histoire du cinéma.

En effet, alors que Peter Jackson endossait le double rôle de Derek et de Franck, lors d'une scène, on voit l'un des personnages planter un couteau dans le pied de l'autre. Soit, Peter Jackson enfoncer le dit couteau dans le pied de... Peter Jackson. Lorsque Derek plante le couteau, le tournage est interrompu durant un an faute de moyens financiers. Lorsque celui-ci reprend, il débute par le hurlement de Franck. Si à l'écran, l'un et l'autre des événements se succèdent tout naturellement, il est amusant d'apprendre qu'il sont en réalité séparés d'une année entière. Bad Taste est un film gore dans la grande tradition du genre : très sanglant, mais également, fort amusant. Le mauvais goût y est roi, à commencer par le majeur pointé vers le ciel de la fameuse affiche de cinéma.nous ne sommes pas prêts d'oublier certaines scènes cultes : Derek s'écrasant sur un rocher, au pied d'une falaise, ayant écrasé au passage quelques mouettes. La scène du vomi ingurgité par les extraterrestres. Ou encore Derek (zombifié?) dévorant la cervelle d'un envahisseur qu'il a trépané quelques instants plus tôt. Et que dire de la scène finale située dans le vaisseau-maison alien, lors de laquelle Derek « vient à la vie » pour la seconde fois de son existence ?

Les effets-spéciaux sont d'assez bonne facture et sont très inspirés des travaux de Tom Savini, le spécialiste du genre. Le récit, bien que parfois totalement absurde, tient la route. Bad Taste demeure trente ans après sa sortie comme l'un des fleurons du genre avec le Street Trash de Jim Muro...


jeudi 25 août 2016

Green Room de Jeremy Saulnier (2015)



Alors qu'ils s'attendaient à donner une représentation dans une salle de concert, les membres du groupe punk « The Ain’t Rights » s'entendent dire qu'ils devront se contenter d'un restaurant où ils n'empocheront finalement que six dollars chacun. Pour réparer cet affront, Tad, qui les a convié à une interview pour la radio d'un campus, leur propose de se rendre dans une salle de concert à proximité de Portland où ils repartiront cette fois-ci avec trois cent cinquante dollars. Le seul hic, c'est que l'endroit est exclusivement fréquenté par des nazis. Ne voulant pas rentrer bredouille, ils acceptent le contrat.
Une fois sur place, Sam, Pat, et les autres interprètent quelques titres de leur répertoire et notamment une chanson qui provoque le mécontentement du public. Pourtant, à part quelques jets de bouteilles en leur direction, tout se passe bien. Du moins jusqu'à ce qu'ils retournent dans leur loge. Là, ils y découvrent une scène de meurtre. Une jeune femme y a en effet été poignardée et les membres du groupe deviennent alors des témoins gênants. Gabe, l'organisateur du concert téléphone alors à Darcy, accessoirement propriétaire des lieux et lui aussi membre du mouvement nazi...

Après avoir réalisé un Blue Ruin plutôt convainquant, le cinéaste et scénariste américain Jeremy Saulnier nous revient deux ans plus tard avec un film particulièrement efficace. Green Room est un survival qui nous change des sempiternels tueurs en série ou familles de dégénérés qui pullulent au cinéma. Cette fois-ci, il s'agit d'un groupe de punk pris à parti avec des crânes rasés suite à un meurtre commis dans la fameuse Green Room des artistes. D'abord séquestrés, puis volontairement enfermés dans la seule pièce reflétant leur unique planche de salut, Pat et ses compagnons vont vivre un véritable enfer le temps d'une nuit. Tout d'abord armés d'un simple cutter et d'un revolver, il vont devoir faire face à un groupe de « lacets rouges » rompus à la tâche de « nettoyeurs ».

Green Room est une œuvre d'une exceptionnelle brutalité. Apparemment, Jeremy Saulnier n'a absolument pas l'intention de plaisanter avec son sujet. Tout d'abord, ses héros n'ont rien de particulièrement attachants. On ne sympathise pas forcément avec ce groupe de musiciens qui siphonne les réservoirs des voitures pour récupérer un peu d'essence et qui produit une musique « primaire ». Ni davantage pour leurs opposants, de fieffés abrutis qui n'ont d'intérêt pour les noirs que la drogue que ces derniers leur fourni. Si le cinéaste parvient à rendre palpable la terreur et l'angoisse, c'est bien sûr grâce à sa maîtrise du sujet mais aussi par son choix d'interprètes. Et avant tout par celui de l'acteur Patrick Stewart, l'adorable Capitaine Jean-Luc Picard de la série Star Trek qui campe ici un chef des nazis froid et dont le calme apparent est véritablement la clé de la peur qui s'insinue chez les spectateurs tandis que les personnages eux sont davantage inquiets à l'idée de sortir du bunker les pieds devant (c'est une évidence), mais également de n'avoir pas d'issue leur permettant d'échapper à leurs poursuivants.

Green Room, c'est également des meurtres d'une grande brutalité, à l'image de la bande-son hardcore qui nimbe l'ambiance dans un nuage de sueur, de sang et de fureur. On en ressort lessivés et convaincus que l'humanité a totalement déserté le plateau à part l'émouvant plan de ce chien (qui pourtant a fait des dégâts) déposant sa gueule sur le bras de son maître fraîchement plombé de plusieurs balles. Jeremy Saulnier signe une petite bombe qui renouvelle à sa manière le genre « survival ». Une œuvre tribale, saignante et radicale...

mercredi 24 août 2016

La Dernière Femme de Marco ferreri (1976)



Alors qu'il a perdu son emploi d'ingénieur dans une usine basée à Créteil, Gérard doit élever seul son fils Pierrot depuis que son épouse l'a quitté. Un jour, il fait la connaissance de la belle Valérie, puéricultrice exerçant dans une crèche. Elle qui devait partir pour la Tunisie avec un certain Michel fait le choix de rester en France aux côtés de Gérard chez qui elle vient s'installer. Petit à petit, la jeune femme s'attache à Gérard, et surtout à Pierrot pour lequel elle commence à éprouver des sentiments maternels.
Gérard a beau proposer à Valérie de sortir, elle préfère rester enfermée dans l'appartement, effrayée par le monde moderne et sa violence. Cette jeune femme sans passé va malheureusement découvrir que celui pour lequel elle a abandonné son projet de départ n''est qu'un homme égoïste, préoccupé par son seul plaisir et n'ayant d'autre intérêt que celui qu'il a développé pour son fils, objet de toutes les attentions. Elle peut heureusement compter sur l'amitié de Gabrielle, l'ex-femme de Gérard, ainsi que sur Michel qui accepte malgré sa déconvenue de venir lui rendre visite dès qu'elle en éprouve le besoin...

Inséré entre La Grande Bouffe et Touche Pas à la Femme Blanche, sortis respectivement en 1973 et 1974, et Rêve de Singe en 1977, La Dernière Femme met en scène l'une des plus belles actrices italiennes de tous les temps et l'acteur français le plus charismatique des années soixante-dix quatre-vingt dans un film acerbe, brutal, parfois primaire mais d'une poésie morbide dont le clou final a sans doute marqué les esprits de tous ceux qui vécurent cette expérience lors de sa sortie en 1976. Gérard Depardieu et Ornella Muti... Couple improbable ou duo dénonçant merveilleusement à travers cette satire sociale le caractère paranoïaque que prennent les événements dans une cité de béton aliénante ? D'un côté la bête, fragile, blessée par l'abandon dont elle a fait l'objet, ne pouvant que se rattacher à son seul lien avec son passé d'époux: son fils. LEUR fils... à Gabrielle et lui. Une Gabrielle interprétée par l'actrice Zouzou. Une femme adhérant en tout point au MLF, le Mouvement de libération des femmes, face à la médiocrité du comportement de Gérard. Car le cinéaste Marco Ferreri ne décrit pas un homme qui s'est abandonné à l'orgueil du mal mais explore l'âme tourmentée d'un individu qui laisse éclater sa nature profonde.

Et puis, face à lui, Ornella Muti. Cette admirable personne au regard bleu, profond, pénétrant... Sans attaches, amoureuse, apeurée, l'âme d'une mère qu'elle ne sera peut-être jamais, celle qu'elle incarne a la pureté, l'innocence et la naïveté de son âge (lorsque l'actrice accepte de se mettre à nu (dans tous les sens du terme), elle n'a alors que vingt et un ans). Trimballant leur silhouette dénudée une bonne moitié du film, Gérard et Ornella sont sublimes, jamais choquant, provoquant un trouble renforcé par le climat étouffant consécutif aux frontières d'un décor étriqué représenté par ce seul appartement. Un couple s'enfermant dans leur amour-haine pendant que dehors, l'homme tente de survivre à ce monde froid et impénétrable auquel, visiblement, Valérie tente par tous les moyens d'échapper (son refus de sortir sur invitation de Gérard).

Les relations sexuelles entre nos deux héros auraient pu prendre une forme beaucoup moins séduisantes (lorsque l'on a vu La Grande Bouffe et les réactions disproportionnées du public et de la presse, on pouvait s'attendre au pire), mais Marco Ferreri, derrière sa nocive réputation de cinéaste dénué de raffinement arrive parfois à rendre l'acte d'une beauté inouie. Pour preuve, l'inoubliable scène durant laquelle, Valérie, Pierrot et Gérard sont filmés nus, en ombre chinoise. Malgré la radicalité de certains propos, n'en déplaise à certains, La Dernière Femme est un vrai grand film. A découvrir absolument...


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...